Bonne Aventure

Je suis Samantha, Directrice Artistique en free-lance depuis 3 ans, après 5 ans passés en agence. Je viens de me mettre à la céramique depuis peu et je ne m’arrête plus ! Je suis une hypersensible c’est à dire que je ressens à peu près tout x 150 autant les joies que les peines.


En plus de s’intéresser à tes céramiques parfaitement imparfaites et originales, j’aimerais aussi en savoir plus sur la personne qui se cache derrière Bonne Aventure, donc toi, Sam Samy Sam.

Ton coeur balance entre le graphisme et la céramique : t’a t’il été difficile de te retrouver entre ces deux domaines ? Comment as-tu géré le fait d’accueillir de manière plus importante la céramique dans ta vie et t’es-tu sentie obligée, à un moment, de mettre un domaine plus en avant que l’autre ?

C’est une bonne question puisque j’ai eu la sensation de devoir choisir entre les deux. Les réactions autour de moi allaient dans ce sens : «Mais du coup tu arrêtes le graphisme ?» J’ai trouvé très étonnant de devoir absolument faire un choix; Alors que la céramique ne me rapporte rien financièrement, il serait insensé de quitter le graphisme. Et surtout, j’aime le graphisme et j’aime mon métier de Directrice Artistique ! Il n’est pas question de quitter l’un pour l’autre, mais plutôt de jongler entre les deux ! La céramique créé des moments de respiration dans ma journée, sans contrainte, sans brief, c’est un vrai plaisir !

 Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la céramique et comment as-tu commencé ?

Tout a commencé quand j’ai enfin osé franchir la porte de l’atelier de céramique en bas de chez moi. Ca me trottait dans la tête depuis pas mal de temps mais je n’osais pas, je trouvais «cliché» le fait de faire de la céramique, je me disais que c’était une lubie, que ça allait me passer et que j’allais me lasser. J’ai écrit mes bonnes résolutions mi-décembre 2016, et le 30 décembre 2016 j’ai envoyé un petit mail pour prendre des cours à l’atelier Trétaigne. Là bas, j’ai appris la patience, le fait d’attendre que chaque pièce sèche en son propre temps, on doit les laisser sécher mais pas trop vite, il y a deux cuissons ce qui ralentit le processus. Bon, tu me connais, la patience c’est pas mon fort ….

Faire vivre graphisme et céramique n’a pas été simple, tout est parti du fait que 2h par semaine à l’atelier ça ne me suffisaient plus. Dès que le prof proposait des ateliers prolongés pendant les vacances scolaires par exemple, j’y allais, et je ne voyais pas le temps passer. Je me suis renseignée pour des espaces de coworking en céramique et j’ai même rencontré une nana qui louait son espace à la journée pour y faire de la céramique. J’ai testé tout ça, mais ça manquait d’indépendance pour moi, j’ai besoin de me sentir libre, de pouvoir faire cuire quand je voulais, comme je voulais. J’ai rencontré d’autres céramistes et en particulier Sarah de Dodo Toucan qui a pris le temps de répondre à toutes mes questions et qui m’a rassurée sur l’achat d’un four; Elle m’a dit «Tu sais, il y a des petites mamies qui ont leur four dans leur cabane au fond du jardin, alors si elles en sont capables, toi aussi.»  Ca m’a beaucoup rassurée !
L’idée a muri, j’ai quitté l’espace de coworking de céramique au sein duquel je ne suis restée que 2 semaines au final et j’ai sauté le grand pas : j’ai acheté un four (que j’attends encore), j’ai demandé aux personnes avec qui je partage mon bureau (de graphisme) s’ils étaient OK pour que je ramène mon four et que je fasse de la céramique, ils ont dit oui, et me voilà !

Que dirais-tu à quelqu’un qui aimerait comme toi avoir plusieurs jobs ?

Je dirais déjà qu’on n’est pas obligé de considérer chaque activité comme un job. On peut agir en dilettante qui, selon la définition du Larousse, est «Une personne qui s’adonne à une occupation pour son seul plaisir, en amateur». On peut aussi se libérer de la pression d’être expert dans tous les domaines, car je ne suis pas sure que ça soit possible. On peut jongler entre plusieurs activités, sans être expert dans l’une d’elle et si c’est de cette manière qu’on trouve son équilibre, il faut se concentrer sur ça absolument. Une vidéo à regarder absolument à ce sujet : Why some of us don’t have one true calling ?

Tu es aussi Graphiste/Directrice Artistique, qu’est-ce qui te fait vibrer dans la création ?

J’adore le fait de prendre un sujet dès le départ : du nom à l’identité en passant par les packagings et les réseaux sociaux. Ce que je préfère, c’est gérer la communication d’une marque sur des supports transversaux, c’est ce qui permet de voir à quel point j’ai bien fait mon travail, celui d’avoir une identité facilement déclinable. Aussi, j’apprécie particulièrement de pouvoir travailler en équipe, je fais pas mal de shootings et je prends beaucoup de plaisir à travailler avec des gens très sympathiques dont certains sont des amis, ça change tout ! Le fait d’être freelance aussi est une grande avancée dans mon parcours; Le contact direct avec le client me permet d’être au coeur de la création, je peux communiquer directement avec lui et échanger sur son sujet, ses envies, sur l’endroit précis où il souhaite emmener sa marque. Donner du sens me permet également de me faire vibrer, j’ai un peu de mal à faire les choses gratuitement, qu’elles soient jolies juste pour être jolies, j’essaie de toujours y glisser une idée malicieuse qui fait que la créa aura sa personnalité propre.

Tu as ouvert un shop en ligne que tu as appelé « Bonne Aventure », peux-tu nous en dire plus sur ce nom ? Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

L’idée est partie de savons que j’ai achetés au Mexique. Ce sont des savons «magiques» sur différentes thématiques : richesse, amour, santé, etc. Celui de l’amour marche assez bien avec moi et j’aime beaucoup l’idée de lier un geste à une pensée. A partir de là, j’ai réalisé des petites têtes qui font ‘gling gling’ : on peut les secouer et l’idée est que ça te remette les idées en place. L’idée de bonne aventure c’est ça : comme un chamane ou une diseuse de bonne aventure, je créé des petits objets qui ont ce petit supplément d’âme qui fait du bien, au fond du sac, chez nous, ou peu importe. J’ai créé des masques aussi qui mangent nos âmes d’enfant qui parfois prennent trop de place.

Je sais que tu es quelqu’un de plutôt spirituelle, qui s’intéresse beaucoup à l’âme et à la vie intérieure, quels sont leurs bienfaits dans ta vie ?

Je suis de nature à me prendre la tête très souvent, je réfléchis à tout, je décortique tout, je sur-analyse un peu tout, mais en veillant toujours à garder une légèreté et une envie toujours aussi vive. La vie intérieure me paraît essentielle, je passe beaucoup de temps à imaginer des choses loufoques, des scénarios improbables, et aller comprendre d’où tout cela vient, ainsi que le pourquoi du comment m’aide beaucoup à avancer. Plus je me comprends, et mieux je comprends les autres.

Quel est ton processus créatif ? Est-ce que tu commences par une phase de croquis de tes modèles avant de les créer, etc… ?

En effet, je fais toujours des croquis qui ressemblent assez fortement à mes céramiques finales. Comme je débute, je pense qu’il n’est pas facile pour moi de se lancer comme ça, sans filet. J’aime surtout trouver des idées, ce processus de réflexion me permet vraiment de bien cerner ce que j’ai envie de faire. J’ai aussi beaucoup d’images et de phrases d’inspiration, je crois que beaucoup de choses m’inspirent au final 🙂

Que fais-tu lorsque tu manques d’inspiration ?

Je fais un tour sur Pinterest, sur Instagram, je parle autour de moi de ce manque d’inspiration; J’essaie de vérifier qu’il n’est pas lié à une baisse de moral de façon plus générale, et si c’est le cas je fais autre chose, comme aller déjeuner ou faire du shopping en ligne (haha). Comme je n’ai pas encore de commandes ou de planning à tenir je peux délaisser la céramique un peu pour reprendre le graphisme, ce qui fait que je peux pratiquer sans pression.

 

 

Comment te vois-tu dans 5 ans ?

Je fantasme depuis quelques mois sur une sorte d’habitat partagé, une sorte de grand immeuble dans lequel chacun aurait son appart, mais il y aurait aussi des espaces partagés, comme un potager partagé, un retour à la nature mais pas loin de la ville. Je recommande cet article : Smart cities.

Mes projections se font surtout sur le plan personnel, car sur le plan professionnel, je me mets des échéances à plus court terme. Par exemple en graphisme je me mets comme objectif de rester sur le même chiffre d’affaire que l’année dernière mais en améliorant ma méthode, ma gestion de projet par exemple. Et en céramique, de participer au festival Klin d’Oeil serait une grande fierté !

Quels sont les livres qui t’ont marqués que tu peux nous conseiller ?

• Pour se libérer des peurs liées à la création : Big magic
• Pour ne pas oublier que ce qui prime, c’est l’idée : C’est quoi l’idée

• Les deux tomes des Culottées qui permettent d’avoir des modèles de femmes hyper bad-ass qui ont changé le monde : Les culottées                       

 • Le roman le plus poétique que j’ai eu à lire ces derniers temps : Murakami Kafka sur le rivage

• Le livre qui m’a fait prendre conscience de ma nature sauvage : Femmes qui courent avec les loups

Quelque chose à ajouter ?

Je voudrais ajouter que, de ce que j’ai pu observer, nos peurs sont souvent réconfortantes. On a la sensation qu’elles nous empêchent d’avancer et on aimerait s’en débarrasser, mais je ne suis pas sûre que tant de gens sont prêts à sacrifier le connu, ou ce qu’ils appellent le confort. Au final, être dans la plainte, se regarder ne pas avancer est une situation que nous connaissons qui nous est familière et qui peut même être réconfortante.

Je suis contre l’idée de se «challenger» tous les jours, en revanche je pense que la peur peut être un véritable moteur et qu’au fond, les risques dont on parle sont souvent très modérés. Il n’y a pas nécessairement besoin de courage pour avancer, mais peut être juste qu’un ras le bol suffit !

You may also like

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2019 ] SabriBeny – All Rights Reserved.